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Vent d’est.

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Vent d’est. Odeur âcre du sang et souffle chaud de guerre.  Dieu que vous trahissez n’entend plus vos prières.  Un vent trop chaud souffle la mort, souffle l’enfer.  Le crotale envoie ses légions meurtrières.   L’enfant court pieds nus dans les décombres en feu, Sans supplier, ni gémir vers les sombres cieux. Il court après un avenir qu’on lui confisque. A grands coups de prières apocalyptiques Quand le vent d’est enveloppe toute la terre,  desséchant les sols pour y semer la misère, Le ciel morbide des hommes foudroie l’enfant. Au nom du vil prophète, d’un diable régnant. Cachés dans leur toge, ils glorifient leurs héros.  Régnant par le verbiage de savants mots, À l’abri d’un temple éphémère et confortable, Ils sont guides suprêmes et gourous du diable.  Ne sentez-vous pas le souffle de ce vent d’est, Envahir vos centres-villes comme la peste ? N’entendez-vous pas tous ces prêcheurs de promesses, d’un paradis de lait, de miel et d’allégresse ?  ...

Le jour

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Le jour. Quand le soleil s’échoue en mer, Vogue, ma vieille canonnière. Sur une mer aux sombres flots, Clapotis pour vieux rafiot. Horizon plat pour flibustier, Le cœur d’amertume noyé Je prie le dieu du vieil Ulysse, De m’ouvrir le cœur des abysses. Les brumes spectrales m’isolent, D’un monde humain qui me désole. Dans un lourd silence abyssal, Pour une traversée finale. Sans vague et houle furieuse, Sous un ciel d’étoiles joyeuses, J’attends ce dieu tant louangé ; Trop timide pour se montrer. À l’embarcadère du jour, Pour un voyage sans retour. Le jour de l’esprit et du coeur. Le doute se fait professeur. Jour inerte par certitude, j’implore de mes habitudes. La nuit éternelle sans astre. Je suis le dieu de mes désastres. Quand le soleil s’échoue en mer, Vogue, ma vieille canonnière. Sur une mer aux sombres flots, Clapotis pour vieux rafiot. mon rafiot sombre en silence, Le jour s’éteint sur mes croyances. Ni Neptune, ni dieu Éole, Vents et flots restent sans parole. Dans l’obscurité...

Paysan

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Paysan.     Pré vert de trèfle et de luzerne. Silence d’une vie en berne, Le pâturage déserté, Par décret sur papier glacé.  Vent d’amertume sur pré vert, Cheptel condamné par l’hermine. Abattage dans l’univers, De notre vache limousine.  Le corbeau vole au ras du sol,  Sous un ciel gris qui se désole. Dans le vide, les cloches sonnent, Comme une plainte qui raisonne.  Du fond des âges et des coeurs, Des coeurs du royaume de France.  Des troubadours et laboureurs,  Condamnés pour leur innocence.  L’artisan de nos paysages, Cet homme au rustique langage, Plus sage que tous les prévôts, Au loup noir, il tourne le dos.   Le gueux voué à l’échafaud, Et cheptel à l’équarrissage. Le glas que sonnent les dévots, Gèle la place du village.   Ce soir, le paysan s’endort, Femme et enfant rêvent encore. Pré vert de trèfle et de luzerne, Pour notre blonde d’Aquitaine.  Christian Castelli  Singevert

Monsieur De Gouttière

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  Monsieur De Gouttière Monsieur De Gouttière chante sur tous les toits, Les attributs de son esprit, qui font sa joie.  Monsieur De Gouttière pleure dans les chaumières, De gourgandines âgées, mais riches rentières.  Ce beau matou chassé des salons parisiens, Pour avoir ronronné quelques versets coquins,  Aux oreilles de bourgeoises adultères.  Nous montre ses dents comme un révolutionnaire.  Grincheux aux dents longues et griffes acérées, Cet homme moins félin que vulgaire ratier, Gratte aux portes des pouvoirs et des assemblées.  Pour d’une poubelle devoir s’en contenter.  Vos hommes élus, ne sont-ils pas des Sylvestres ?  Des chats blancs tachés de noir, qui tournent leur veste ? Ils miaulent dans les rues aux effluves d’urine, Pour ronronner dans des lieux, où l’on assassine.  A l’échafaud, séraphins pris pour des pigeons. Siège de velours, politique de guéridon.  Monsieur De Gouttière vend son âme au malin, Pour se prélasser s...

Bissextile

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Bissextile. A ma visite au paradis, Quatre peintres jouaient aux cartes, Assis autour d’un blanc nuage. Qu’ils finissent par peindre en gris, Tricherie en colère éclate,  Jeu de peintre tourne à l’orage.  Ce concours de carte postale, Tous les vingt-neuf février, La trêve entre Dieu et l’artiste, Tous les quatre ans, est infernal. Mais tous les anges s’en distraient.  Personne au paradis n’est triste.    Peintre de nue et peintre abstrait, Pour un portrait figuratif. Mais l’ange ne peut se mirer, Au paradis l’art est naïf. Sur toile peinte en noir et blanc, Peinture de vie éphémère.  Nostalgique image du temps, Avant une ultime prière.  J’attends mon année bissextile,  Chez les anges en blouse blanche. Quatre peintres fous et séniles,  Peignent de la vie, leur revanche.  Les saints de vieilles cathédrales,  M’envoient le vingt-neuf février,  Leur Eden en cartes postales, Que les grands peintres ont légué.  Au joli mouroir ...