Le poète chauve

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Le poète chauve »

Dans le fouillis d’une brocante, ☺ à la moisissure odorante ;
Je fis l’ultime découverte, ☺  que seul put le faire un poète.
Un peigne à cheveux tout en os, ☺ en côte de rhinocéros.
Un antique peigne africain, ☺ sculpté et poli à la main.
Sans être un vil matérialiste, ☺ je fus un sage opportuniste.
En acquérant à prix coûtant, ☺ un peigne très vieux et sans dent.

Par un défunt rhinocéros, ☺ un noble illustre animalier,
Mon peigne sans dent et en os, ☺ m’apportera la célébrité.

N’ayant qu’un cheveu sur ma tête,
Mon vieux compagnon édenté ;
Des poux et des petites bêtes,
S’abstiendra de toujours chercher.

Pour que mon peigne soit utile, ☺ je coupe mon cheveu en quatre.
Cela peut paraître futile ; ☺ si nous n’aimons pas le théâtre.

Je refuse toute perruque, ☺ qui cacherait ma ronde nuque ;
M’obligerait à me peigner, ☺ pour être faussement coiffé.
Je ne suis pas comme un « Molière », ☺ se moquant des bonnes manières.

Je ne suis pas un gentilhomme, ☺ ni un « Scapin » docteur bourgeois.
Qui au nom du rire des hommes, ☺ jetterait son vieux peigne à soi.
Il n’est certes pas accessoire, ☺ d’avoir un mordant caractère,
Si on ne veut un jour se voir ; ☺ jaunir sur la haute étagère.
Comme tous ces objets bradés, ☺ sur la place d’un vieux village.
Dans un moisi vide grenier, ☺ où le destin est marchandage.

Si au matin vous rencontrez,
Un peigne en os et édenté,
Glissant sur une calvitie,
Vous croisez Christian Castelli.

Christian Castelli
Ed1 "SINGE VERT"

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